Kinésithérapie
Préparation physique

Comment bien récupérer pour mieux performer ?

Comment bien récupérer pour mieux performer ?

La récupération est une composante essentielle de la performance en sport. Une mauvaise récupération peut entraîner une diminution des performances, du surentrainement, une augmentation du risque de blessure et une fatigue chronique. Dans cet article, nous allons explorer les meilleures stratégies pour optimiser ta récupération et par conséquent, améliorer tes performances sur le long terme.


1. Alimentation : reconstruire tes stocks d’énergie

L'alimentation joue un rôle clé dans la récupération musculaire et nerveuse. Après l’entraînement, ton corps a besoin de nutriments pour restaurer les réserves énergétiques et réparer les tissus.

Consommer suffisamment de calories

  • Utilise une application de suivi calorique (ex : MyFitnessPal, Cronometer) pour t’assurer que tu manges suffisamment.

  • Si tu as du mal à manger en grande quantité, privilégie les aliments denses en calories comme les beurres d’oléagineux, les flocons d’avoine, ou les glucides en poudre ajoutés à un smoothie.

  • Une consommation adéquate de protéines (1,6 à 2,2 g/kg de poids corporel par jour) favorise la synthèse musculaire (Morton et al., 2018).

Reconstituer tes réserves de glycogène

  • Après un entraînement intense, consomme des glucides rapides (30-60 g) pour accélérer la récupération énergétique (Burke et al., 2017).

  • Pendant les entraînements longs (+1h30), consomme une boisson d’effort riche en glucides (30-60 g/h) pour maintenir l’énergie (Stellingwerff et al., 2011).

Hydratation et électrolytes

  • Bois 2 à 3 L d’eau par jour, et encore plus en cas d’efforts prolongés.

  • Commence toujours ta journée par un grand verre d’eau avec électrolytes (sodium, potassium, magnésium) pour éviter la déshydratation (Sawka et al., 2007).


2. Sommeil : l’outil de récupération ultime

Le sommeil joue un rôle fondamental dans la régénération musculaire, la mémoire motrice et l’équilibre hormonal.


Dormir suffisamment (8 à 9h par nuit)

  • Un sommeil insuffisant augmente le risque de blessure de 60% chez les athlètes dormant moins de 8h/nuit (Milewski et al., 2014).

  • Favorise un coucher à heure fixe pour optimiser ton cycle circadien.


Optimiser la qualité du sommeil

  • Réduis l’exposition aux écrans 1h avant le coucher pour limiter la lumière bleue qui diminue la production de mélatonine.

  • Crée un environnement sombre, frais (18-20°C) et silencieux.

  • Expérimente la méditation ou la respiration profonde (ex : cohérence cardiaque) avant le coucher.


3. Gestion du stress : éviter le surmenage

Le stress chronique augmente le taux de cortisol, ce qui ralentit la récupération et favorise l’inflammation.

Stratégies anti-stress

  • Activités relaxantes : marche en nature, lecture, écoute de musique douce.

  • Respiration diaphragmatique : 5 minutes de respiration lente peuvent réduire le stress et améliorer la variabilité cardiaque (Laborde et al., 2017).

  • Pratique régulière du yoga ou de la méditation pour mieux gérer la pression compétitive (Gothe et al., 2019).


4. Compléments alimentaires : vraiment utile ?

Certains compléments peuvent soutenir la récupération si l’alimentation est insuffisante.


Vitamine C (antioxydante et anti-inflammatoire)

  • Aide à la récupération musculaire, mais un excès peut interférer avec l’adaptation à l’entraînement (Close et al., 2016).

  • Dose : 200 à 500 mg/jour.

Vitamine D (santé osseuse et musculaire)

  • Essentielle pour la force musculaire et la prévention des blessures (Owens et al., 2018).

  • Dose : 1000 à 4000 UI/jour, à ajuster selon le taux sanguin.

Magnésium (réduction des crampes et amélioration du sommeil)

  • Participe à plus de 300 réactions enzymatiques, dont la contraction musculaire (Nielsen et Lukaski, 2006).

  • Dose : 300-400 mg/jour, privilégie le citrate ou le bisglycinate.

Oméga-3 (anti-inflammatoires et récupération nerveuse)

  • Diminuent l’inflammation et améliorent la réparation musculaire après un effort intense (Tinsley et La Bounty, 2015).

  • Dose : 1 à 3 g d’EPA/DHA par jour.

Zinc et Sélénium (soutien immunitaire et récupération tissulaire)

  • Essentiels pour la cicatrisation et la synthèse protéique (Gammoh et Rink, 2017).

  • Dose : 10-20 mg de zinc et 50-100 mcg de sélénium/jour.


5. Récupération active : favoriser la circulation et la détente

Une récupération active favorise l’élimination des déchets métaboliques et réduit les courbatures.


Vélo ou footing en basse intensité

  • Facilite la récupération en améliorant la circulation sanguine et en accélérant la resynthèse du glycogène musculaire (Dupuy et al., 2018).

Mobilisation articulaire et stretching doux

  • Améliore la souplesse et la circulation sanguine sans induire de fatigue excessive.

Massage et automassage (foam roller)

  • Diminue les tensions musculaires et améliore la récupération après l’effort (Cheatham et al., 2015).

Hydrothérapie (bains froids, contrastes chaud/froid)

  • Les bains froids réduisent l’inflammation musculaire, mais peuvent limiter l’adaptation à l’entraînement (Higgins et al., 2017).

  • L’alternance chaud/froid améliore la circulation sanguine et réduit les courbatures.

Pressothérapie

  • Augmente le drainage lymphatique et la récupération musculaire (Winke et Williamson, 2018).

Électrostimulation

  • Peut améliorer la circulation sanguine et la récupération active, notamment en cas de fatigue musculaire (Filipovic et al., 2011).


Conclusion : mettre en place un plan de récupération efficace

  • Bonne hygiène de vie : sommeil, alimentation, hydratation.

  • Adapte ton plan en fonction de ta charge d'entraînement et de ton ressenti.

  • Intègre progressivement les stratégies avancées (pressothérapie, électrostimulation) si besoin. Utilise celle qui te font sentir mieux. La récupération est aussi très subjective.


Exemple de routine quotidienne :

Matin : 1 grand verre d’eau + électrolytes

Avant l’entraînement : Collation avec protéines et glucides

Après l’entraînement : Alimentation adaptée + hydratation

Soir : 30 min sans écran + relaxation

Mets en place ces stratégies et observe ton évolution. Une récupération optimisée, c’est la clef pour de meilleurs performance !



Référence :


Morton, R. W., Murphy, K. T., McKellar, S. R., Schoenfeld, B. J., Henselmans, M., Helms, E., ... & Phillips, S. M. (2018). A systematic review, meta-analysis, and meta-regression of the effect of protein supplementation on resistance training-induced gains in muscle mass and strength in healthy adults. British Journal of Sports Medicine, 52(6), 376-384.

Burke, L. M., Hawley, J. A., Wong, S. H. S., & Jeukendrup, A. E. (2017). Carbohydrates for training and competition. Journal of Sports Sciences, 35(13), 1293-1301.

Stellingwerff, T., & Cox, G. R. (2011). Nutrition and recovery strategies in sport. Sports Medicine, 41(5), 365-382.

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Cheatham, S. W., Kolber, M. J., & Cain, M. (2015). The effects of self-myofascial release on range of motion, muscle recovery, and performance: A systematic review. International Journal of Sports Physical Therapy, 10(5), 827-838.

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Hausswirth, C., & Mujika, I. (2013). Recovery for performance in sport. Human Kinetics.